CP Bassuet du 10 novembre 1914

Mon cher Georges,

Je suis toujours à Bassuet et toujours seule, mais plus pour longtemps, Maman et Madeleine et les gosses vont rentrer vendredi ou samedi.

J’ai trouvé un drôle de chantier en rentrant tout était sorti des armoires et en chiffon dans le milieu des pièces, on ne savait où mettre les pieds, par-dessus tout et même dedans il y avait des crottes et des pices (sic), si bien qu’on osait rien toucher et qu’il fallu tout lessiver.

Après j’ai pu me rendre compte de ce qui manquait, des draps, mouchoirs, chemises, bas et torchons, ils ont pris également toutes les couvertures, des oreillers, un édredon, une fourrure, etc… Ils ont aussi violé notre cave, rue de Bassu et moitié de celle d’ici, ils ont cassé le tiroir de l’armoire à glace, le haut du secrétaire et démoli un panneau à un placard, mais ils ont respecté les lacet ? et pendules.

Carte non signée, manque sans doute une suite.


 

 

 

 

 

CP Maurupt du 10 mars 1916

Chers parents,

Je vous ais répondu à votre dernière recommandée et celle d’Auguste que j’ai reçu avant de partir. Nous sommes arriver hier à deux heures dans ce patelin qui se trouve à qq km passer Vitry le françois (Marne). Tout ce patelin est dévaster, vous le verrez d’après les cartes que je vous enverrait, pas une maison ne reste debout, les habitants loge dans des baraquements plâtrer à l’intérieur, c’est donc dans ces genres de baraquements que nous logeons, nous couchons les quatres armuriers et mon copain, le cabot, dans une baraque que nous ont prêter l’habitants, si vous saviez comme ils sont gentil pour nous, rien nous manque, ils nous offraient leur lit, l’on a pas voulu accepter, ils nous ont donner un poêle, enfin comme je vous dit, l’on se croiraient comme chez nos parents, et ces personnes ont vue tout leur pauvre petite maison et leur mobilier détruit, les voici comme l’on dit sur la planche, ils sont aussi charger de famille, quatres petit enfants et un autre qui est sur le front. Aussi nous partageons avec les gosses, notre gamelle qui est toujours trop pleine.
Hier soir nous leur avons fait cuire des œufs et des frites et ma fois nous avons diner en famille, nous leur avons payer la cuisson, nous leur avons donner aussi du linge et des chaussures.

L’on vois que c’est des gens qui savent ce que c’est que la guerre.

Quand à nous comme je vous le dis, nous sommes bien, je ne sais pas combien de temps que nous resterons ici. Heureusement que nous avons tomber chez ces bonnes personnes car quand nous sommes arriver hier, l’on gelaient de froid et tout mouiller par la neige qui tombait, l’on a put au moins se mettre au chaud et avoir de quoi bien se reposer. Aujourd’hui l’on ne fait rien. Le temps est peut plus meilleur.

Je vous envoie ces vues que vous garderez dans l’album, celle qui à une croix, c’est notre cantonnement, c’est derrière cette maison que nous sommes chez l’habitant.

Je pensse que vos nouvelles sont toujours bonne, enfin j’ai reçu a peut près toutes vos lettres avant de partir.
Pour aujourd’hui, je ne vous en mets pas plus long. Je termine en vous embrassant tous de tout cœur.

Votre fils. René Voisenet.

Orthographe respectée.

 
  Vers 10 septembre